Scolarité des tout-petits, une bonne nouvelle ? Oui, sous conditions et en revoyant la loi Debré !

La scolarisation des tout-petits a des effets positifs avérés, dans l’apprentissage des compétences, de la socialisation etc. C’est d’ailleurs pour cela, que les enfants sont accueillis dans l’école de la République dès deux ans dans les quartiers sensibles. Mais cela doit se faire sous conditions, notamment de révision de la loi Debré pour ne pas que les écoles maternelles religieuses soient assurées par nos impôts (20 000€ à Sartrouville tous les ans, choix politique de la majorité municipale).

Pour être plus précis, en France, l’actuel taux de 97% de scolarisation à 3 ans dissimule de fortes disparités, notamment territoriales et à l’intérieur même des territoires.

Alors rendre l’école obligatoire dès 3 ans c’est une bonne idée. C’est même une bonne nouvelle si cela se fait avec les moyens qui permettent un déploiement effectif de cette ambition. En effet, et comme le montre une très récente étude de France Stratégie, l’école maternelle à la française est sous-dotée, elle connaît des taux d’encadrement qui ne lui permettent pas de jouer son rôle, la plaçant très bas dans les classements internationaux (surtout lorsqu’on intègre la précarité et le temps partiel des ATSEM). Le même constat vaut pour la formation spécifique qui fait largement défaut pour ceux qui y interviennent.

Figurant longtemps comme un modèle, elle est aujourd’hui isolée dans son fonctionnement et dans sa conception avec la césure à 0/3 ans et une fonction implicite de préscolarisation par exemple. Alors, dans ce contexte, la rendre obligatoire devrait conduire à réfléchir à l’ensemble de ses missions, à l’objectif qui lui est confié et aux moyens qui lui sont alloués.

Le dernier budget national ne prévoit pas de recrutements supplémentaires cette année et le dédoublement des CP dans les écoles « politique de la ville » s’est clairement fait par la suppression de postes dans les autres zones, notamment dans les territoires ruraux. Alors, la plus grande vigilance est de mise !

Il ne s’agit pas de transférer ces compétences vers les collectivités : le socle, les programmes, le financement sont du ressort de l’Etat. C’est à l’Etat de soutenir les communes, les départements etc., pour faciliter l’accueil des enfants au niveau local (transports, besoins spécifiques etc.) car c’est aussi de la bonne articulation entre le tout que résultera la force de l’école maternelle reconfigurée.

Enfin, et naturellement, dans une République laïque cette extension de la scolarité obligatoire ne doit pas se traduite par une nouvelle extension du financement des écoles privées religieuses. En effet, la loi Debré de 1959 prévoit aujourd’hui la prise en charge obligatoire des frais de scolarité des élèves par la commune pour les écoles publiques comme pour les écoles privées mais pour les seules écoles élémentaires. Si l’instruction devient obligatoire dès 3 ans, la question va se poser pour le financement des 300 000 élèves des maternelles privées (très majoritairement religieuses) qui est particulièrement coûteuse compte tenu de la présence des Atsem (par exemple, à Sartrouville 973€ contre 488 € en 2017).

Il faudrait donc d’urgence revoir la loi Debré (Carle et compagnie) ! 20160518_082419


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