L’école publique : parent (très) pauvre de la majorité municipale à Sartrouville

Mai 2016

La Mairie fait le choix (en a-t-elle le droit ?) de mettre à disposition des locaux pour une nouvelle école privée alors que les sureffectifs se confirment en maternelle à la rentrée.

Nous apprenons, par hasard, que le Maire organiserait lundi 9 mai une conférence de presse pour lancer l’installation d’une école privée hors contrat dans notre ville, dans les locaux d’un centre aéré (Poulbot).

Pas de délibération en Conseil municipal pour ce projet mené en catimini avec et par la droite municipale. Curieuse conception de la démocratie ! Nous n’en resterons pas là, rendez-vous le 26 mai au prochain Conseil municipal. Quelles sont les conditions dans lesquelles serait faite cette mise à disposition de locaux et avec quel (s) objectif(s) ?

Cette nouvelle école communique sur son projet «soutenu par la Mairie qui souhaite diversifier son offre scolaire » et attend 50 élèves dès la rentrée prochaine. Il s’agit d’une école hors contrat, donc totalement indépendante de l’Éducation nationale, qui applique une pédagogie libre. Elle relève du réseau «Espérance Banlieues» qui, en principe, cible les élèves en rupture de système scolaire et habitant des zones urbaines sensibles. Une association a été créée, à Sartrouville, en janvier dernier pour porter ce projet et recueillir des fonds, du matériel etc. Rien en Conseil municipal, non plus à ce moment-là.

Opter pour une approche radicalement différente pour des élèves qui frôlent la déscolarisation, pourquoi pas ? Mais cela doit s’inscrire dans un projet global et collectif au niveau de la ville, voire de l’intercommunalité. Cela demande donc concertation et échanges avec les habitants, au sein du Conseil municipal mais aussi avec l’Etat quand la ville lui demande d’importantes subventions dans le cadre de la rénovation urbaine comme tel est le cas, et notre groupe d’opposition s’en réjouit, à Sartrouville. Nous allons donc, a priori et à nouveau, être mis devant le fait accompli. Quelle démocratie locale est-ce là ?

Notre colère est d’autant plus forte qu’il semble bien que ce soit les locaux du centre aéré maternel Poulbot qui soient ainsi mis à disposition. Or, ce centre est idéalement placé pour accueillir les petits Sartrouvillois qui seront en sureffectifs dès la rentrée sur les écoles Frank, Sévigné, Lafontaine et Joliot-Curie notamment. Il faut d’ailleurs noter qu’il est aujourd’hui utilisé pendant les vacances scolaires, voire les grèves, après avoir été subtilement fermé pendant les autres périodes par la majorité municipale (au prétexte de la réforme des rythmes scolaires). Où iront donc ces petits Sartrouvillois ? Nous avons alerté sur ces risques de saturation des écoles depuis des mois, demandant régulièrement des éléments chiffrés, sans les obtenir. Compte tenu du nombre de jeunes couples, de jeunes familles qui sont venus habiter dans les nouveaux programmes immobiliers le long de l’avenue Maurice Berteaux, cela n’est pas étonnant. Nous n’avons jamais de réponse.

Alors, je m’interroge : est-ce réellement un défaut terrible d’anticipation du Maire ou cela traduit-il un choix politique défavorable à l’école publique ? Rappelons que le mois dernier, nous nous sommes opposés, à nouveau, à une enveloppe de plus de 50 000 € donnée aux écoles privées. C’est un «choix politique » m’a-t-il été répondu lorsque j’ai insisté pour ces sommes aillent plutôt à l’école publique locale. La droite municipale privilégie l’école privée au détriment des moyens de l’école publique.

Jusqu’à quel point ?

L’école de la République doit accueillir tous les petits Sartrouvillois qui le souhaitent, à compter de trois ans dans toutes les écoles publiques et à compter de deux ans dans les écoles en zone prioritaire «politique de la ville ». Très clairement, on voit mal comment cela pourra être le cas à la rentrée prochaine. Nous avons adressé une lettre ouverte, sans réponse, au Maire sur ce sujet et avons alerté la presse qui s’en est faite l’écho, aboutissant visiblement aux mêmes conclusions que nous.

Alors, si le Maire tient une telle conférence de presse lundi 9 mai, dans ces conditions, cela exprimera sans ambiguïté son choix d’une politique locale autoritaire, méprisant la démocratie locale et préoccupante pour ceux qui, comme moi, comme nous, sont attachés à l’école de la République et aux services publics locaux de proximité.

Rendez-vous le 26 mai au prochain Conseil municipal, 20h30, à la Mairie.